Avez-vous parfois l’impression que certaines de vos réactions vous échappent ? Comme si c’était plus fort que vous. Comme si une force intérieure prenait les commandes… Vous laissant parfois au prise avec un sentiment d’impuissance, de honte ou de culpabilité.

Si c’est votre cas, il se peut que vous portiez un ou plusieurs psychotraumatismes.

 

Qu’est qu’un psychotraumatisme ?

Un psychotraumatisme n’est pas un évènement en lui-même mais la trace que cet événement a laissé chez la personne qui l’a subi. 

Le traumatisme se créé quand nous n’avons pas pu faire face à une situation, que nous n’avions pas les moyens ou la possibilité d’agir pour nous protéger ou répondre à nos besoins vitaux et que nous n’avions pas d’allié protecteur sur le moment.

Une même situation peut être vécue différemment selon les personnes, en fonction de l’âge, des ressources, de l’environnement, etc.

Par exemple : Certains vont vite se remettre de l’incendie d’une maison pourtant grave et garder un souvenir encore à vif d’une mauvaise note à cause de la gifle donnée par la mère. D’autres vont avoir des dizaines de mauvaises notes sans que ça les ai réellement perturbés et ne se remettront jamais d’avoir faire cramer un plat de pâtes parce que leur père va leur crier dessus et les interdire de cuisiner par la suite.

Le problème n’est pas tant ce qui s’est passé (ou pas) mais le niveau de détresse engendrée face à la situation qui met en place des mécanismes neurobiologiques qui altère le cerveau.

Si un évènement est trop bouleversant pour faire sens, il ne peut être intégré, assimilé et enregistré comme un évènement du passé. Il reste comme un programme, actif en arrière fond, qui parasite notre système.

 

Il existe différents types de traumatismes

 

Ces traumas sont souvent minimisés, voir mal identifiés, d’autant plus si c’était dans la petite enfance.

 

 

 

Quelles sont les conséquences d’un psychotraumatisme ?

Confronté à une situation traumatisante, la première réaction est généralement une sidération, une réaction d’effroi allant au-delà de la peur. Ainsi on se retrouve paralysé psychiquement et physiquement, pétrifié, dans l’incapacité de réagir, de crier, de se défendre ou de fuir. 

Si la situation perdure, cette réaction immédiate peut être suivie d’une dissociation, qui permet à la personne de protéger son système en proie à un stress extrême (comme l’effet d’un disjoncteur dans un circuit électrique) et qui se caractérise par une perte partielle ou complète du contrôle de ses mouvements et de la conscience de sa propre identité. Le sujet peut se sentir désorienté voire dépersonnalisé avec un sentiment de ne pas vivre dans la réalité.

S’ensuit généralement une amnésie traumatique totale ou partielle aussi bien au niveau cognitif, émotionnel que sensoriel. Les souvenirs sont morcelés, tous les éléments de la scène (images, sons, odeurs…) sont enregistrés de manière brute, comme des instantanées sensoriels déconnectés les uns des autres. Comme dans une sorte de brouillard, nous faisant limite douter que tout cela n’ait vraiment existé… Laissant pourtant une empreinte non intégrée et inconsciente qui pourra se réveiller dans certaines situations et échappant à notre contrôle.

Ainsi, des stratégies de survie, généralement inconscientes, sont mises en place pour éviter de revivre la douleur de la situation.

Il est important de se rappeler que tout ces mécanismes sont indépendants de notre volonté et sont, à la base, au service de notre survie ; mais finissent généralement par nous pourrir la vie.

En quoi c’est un problème au quotidien ?

Parfois parce qu’on adopte au quotidien des comportements qui entravent l’épanouissement de notre être, d’autres fois par des réactions disproportionnées, irrationnelles suite à un déclencheur plus ou moins anodin (un geste, un mot, un endroit, une odeur, une douleur, un stress, quelqu’un qui ressemble à l’agresseur, une scène d’un film, etc).

Il arrive que vous ayez conscience de ce qui déclenche vos réactions sans pour autant arriver à les maitriser. C’est comme si vous subissiez vos réactions et vos fonctionnements, malgré vous.

Ces moments de dissociation sont éprouvants et peuvent avoir des conséquences sur le moyen/long terme dans certaines sphères de votre vie s’ils se répètent.

 

Comment savoir si je suis traumatisé.e ?

Il n’est pas toujours évidant de reconnaître nos traumatismes et d’y faire face parce que justement le cerveau cherche à nous protéger en nous évitant de revivre les événements qu’il a été incapable d’intégrer au moment où ils se sont déroulés.

 

Quelques signes révélateurs de traumatisme :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corps exprime par ces dysfonctionnements tout ce qui n’a pas pu se dire et s’extérioriser au cours de la vie et est resté en état de refoulement.

 

La réalité, c’est qu’il est rare de ne pas avoir vécu de traumatisme. Cependant, les conséquences altèrent plus ou moins notre vie. 

 

Comment s’en sortir ?

 

Quand et comment se faire accompagner ?

Dès que vous en ressentez l’élan. En sachant que la guérison des psychotraumatismes est possible à tout âge et que plutôt on y travail, plus simple c’est.

Plusieurs méthodes peuvent être employées : la Somatic Experiencing, le NARM (méthode Neuro Affective et Relationnelle), l’ICV (l’Intégration du Cycle de la Vie), la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la thérapie sensori-motrice, la désensibilisation par mouvements oculaires (EMDR), l’hypnose… 

De façon plus générale, on peut dire que les personnes tirent souvent un grand bénéfice des psychothérapies qui sont centrées sur le traumatisme, sans porter de jugement, qui reconnaissent que les symptômes comportementaux, émotionnels ou physiques vécus par les personnes sont des adaptations à des facteurs de stress accablants, et permettent de reprendre contact avec les sensations corporelles et de libérer les émotions.

Mais au-delà des techniques employées, c’est avant tout la qualité de la relation thérapeutique qui aide et guérit. 

Prenez donc le temps de trouver la bonne personne. Pour que vos parts protectrices autorisent la descente dans les ressentis profonds, il est nécessaire de se sentir en grande confiance et en sécurité.

 

Combien de temps cela prend-il pour se libérer des conséquences d’un trauma ?

Il est impossible de savoir à l’avance combien de séances, de mois ou d’années, il sera nécessaire pour modifier un comportement. En général, plus un mécanismes est en place depuis longtemps, plus de temps il faudra pour le désactivé.

Comment sait-on que nous sommes libérés d’un traumatisme ?

On sait que la résolution du traumatisme a eu lieu quand au lieu d’une réaction défensive à un stimulus, la personne est capable d’une réponse saine et adaptée à la situation.

En intégrant peu à peu les souvenirs traumatiques dans la mémoire autobiographique, il est possible un jour d’évoquer l’évènement avec calme et recul. Ce qui est signe de guérison.

 

 

Sources : Le corps n’oublie rien de B. Van der Kolk / Les psycho-traumatismes de G. Persiaux et Y. Micoud